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"Pologne"
de Caroline Delaporte
Pologne : La gaieté triste,
la tristesse gaie d’Anieszka, la musique un peu enjouée
et grinçante du violon l’exprime bien.
Concert d’A. dans la maison de retraite. Je filme en accéléré
pour gagner de la lumière.
Je m’endors dans le cimetière.
Agnieszka, violoniste vivant en
France, me fait traverser la ville de Cracovie, encore chargée
de sa vie d'enfant. Jouant son propre rôle, elle s'offre à
la camera, avec les espaces qui l'attachent ou la délivrent
de ce pays. La musique, présente à ses cotés,
classique, apparait par fragments et entremêle les lignes
de son récit qui l'on conduit à quitter son pays pour
la France.
Agnieszka Rajca, violonist, comes back to
Cracow to give a concert and on the same occasion re-acquaints herself
with her city. Her presence is a breath of cheerful sadness, as
a ray of light in the dark Scandinavian skies. Playing her own role,
she paints her life with broad strokes: her choice to become a musician
knowing full well the kind of passion, meanderings and discipline
needed, to the difficult decision to leave for France. The film
pursues a logic of transformation, using editing to help past, present
and future converge.
| Note
d'intention / Statement of Intent |
"Pologne" place la musique
comme moteur de la narration. Non seulement comme fait accomplit,
mais aussi comme but, ressort, désir et lien entre les personnages.
Dans le prolongement d’une recherche sur le son commençée
avec Film de faubourg, Rivières, L’heure de la sièste,
il y est question trouver des jeux entre l'espace frontal, "spectaculaire"
de la musique, et l'espace profond, insaisissable des sons naturels.
Le paysage est dans l'histoire, et l'histoire dans le paysage
J'ai engagé avec une musicienne, Agnieszka Rajca, un travail
de co-écriture. Elle joue son propre rôle et insuffle
au film une tristesse gaie, une humeur vive comme les éclaircies
des ciels Nordiques.
Le violon, son instrument, est caressant dans la rapidité,
brisé dans les graves. Il ressemble à ces mouvements
acrobatiques qui ne réussissent qu’avec l’élan
maximum. Pendant le tournage, elle préparait aussi les concerts
qu'elle donnait à Cracovie, avec une manière particulière
de se concentrer, de s'ancrer dans un rythme intérieur.
Les trajets offraient des retours sur son histoire personnelle.
Nous avons construit le parcourt de son personnage, de la campagne
à la ville, et les rencontres avec ses proches. Agnieszka
répercute ce qu'elle ressent, comme une antenne qui décoderait
des influences invisibles. La rupture du départ est là
et maintient en elle une sensation de vide, un espace ouvert, insatisfait,
une sorte de faim.
Les morceaux interprétés par Agnieszka, sont classiques
et populaires. Ils apparaissent en fragments, éclairent brusquement
le jeu contradictoire entre le passé et le futur.
En allant en Pologne, je m’approche
aussi de son Histoire, qui est au fond de moi comme une peur des
plus profondes, inscrite par les récits de guerre.
Film et vidéo
La pellicule super8 est choisi pour sa rudesse: le dialogue avec
la lumière prend le dessus sur le réalisme. Les espaces
filmés en super8, puis agrandis par le transfert video, deviennent
des tableaux, des interprétations.
"Poland"
is a film which places the music as the driving force of the story,
not only as accomplished fact, but also as purpose, desire and link
between the characters. As in previous short films, the goal here
is to find links between the frontal, " spectacular "
space of the music, and the deep, unperceivable space of the natural
sounds.
The story is in the landscape
I suggested a joint project to a musician, Agnieszka Rajca, who
plays her own role in the film. Her presence is a breath of cheerful
sadness, as a ray of light in the dark Scandinavian skies. She plays
her violin with quick caresses and heart-breaking depth.
As we were filming, she was also preparing concerts she was to play
in Cracow. She worked with intense concentration, as if to imprint
the internal rythm of the piece to her whole being.
The places we visited provided insight into her personal journey.
We elaborated her exact path, from her rural upbringing to her decision
to move to the city, through interviews with close friends and relatives.
Agnieszka projects what she feels, as an instrument through which
invisible influences are channeled. Throughout the film, we sense
that the her exile has left a void, an unsatisfied open space, a
hunger.
The works interpreted by Agnieszka are from the Classical and Popular
repertoire, and they appear in fragments, abruptly highlighting
different scenes of her life.
Film and video
The Super8 film was chosen for its roughness: dialogue with light
gets the upper hand over realism. Scenes filmed in Super8, then
enlarged by video transfer, become paintings and performances.
Scénario :
C. Delaporte/ Agnieszka Rajca
Image : Caroline Delaporte
Montage image : Theo Ercolano
Musique : Agnieszka Rajca/Jean-Paul Maccario
Montage et mixage son : C. Delaporte
Interprétation : C. Delaporte/ Agnieszka Rajca/Patrycja
Kwapik.
Année de tournage
: 2006
Année de diffusion : 2007
Durée : 21 minutes
Producteur : S.A.C.R.E
Financement : FIACRE
(Ministère de la Culture - Direction des Arts Plastiques)
Format de tournage : Super 8 son magnétique
Format de post-production : beta SP
Format de diffusion : 35 mm / son mono / Format 1:37
Langue originale : Polonais
* Festival International du Documentaire
/ Marseille / Juin 2008
Présentation de Jf
Neplaz. Cinéaste. Co fondateur du SACRE
Pologne par Frédéric
Valabrègue
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