La nostalgie de l'idéogramme
de Gaëlle Vu Binh Giang


Cette réalisation de Gaëlle Vu, est soutenue par Film flamme et des cinéastes et des amis vietnamiens : Vu Can, chercheur culturell, Tran Kim Thanh, cinéaste et écrivain, Phan Ke Anh, peintre et notamment portraitiste de Ho Chi Minh, Vo Thi Hao, écrivain et journaliste, Nguyen Khanh Hoi, membre fondateur de Viet Nam mémoires..
Réalisé entièrement au Viet Nam sans autorisation, il est devenu officiellement film Vietnamien grâce à l'accord du Ministère de la Culture. Il est le premier documentaire de création vietnamien de long métrage.

Il a obtenu en 2006 une aide à la production de la Région PACA
Producteur : Tran Kim Thanh pour la société Vo Thi Co Ltd à Hanoï


Un extrait vidéo du film est disponible, ici (en format quicktime)

Résumé

Ce film a un titre surprenant : c'est un graphique. Deux axes, abscisses et ordonnées, avec deux flèches.
Leurs racines sont Ho (parenté en vietnamien). C'est un idéogramme, une image de l'idée d'origine.
Au Viet Nam c'est le dernier jour de l’année lunaire, l’année du Dragon. La route qui mène de l’aéroport à la ville de Ha Noi se dépeuple. Les roues du vieux train grincent sur les rails et nous fatiguent. Les ouvriers agricoles versent de l'eau avec des écopes dans un champ. C'est la fête de la lumière pure au cimetière. Les familles viennent visiter les ancêtres. On entend les pleurs d'une femme de race blanche qui baisse la tête sur une tombe, devant les yeux étonnés des petits garçons. D'où est-elle ? De quelle horizon étranger ?

Gaëlle Vu Binh Giang est revenue de France à Ha Noi avec ses deux filles, à la recherche de la famille de son père. Elles entrent dans les maisons de leur famille et font la connaissance de leurs cousins et cousines. La petite fille de huit ans apprend à jouer du monocorde vietnamien : ses notes solitaires entrent peu à peu en harmonie avec les musiques populaires. Quant à sa soeur de dix sept ans, quand on lui montre le livre de la famille écrit en idéogrammes sino-vietnamiens, elle le lit clairement, s'étonnant elle-même. Sur l'autel des ancêtres, la famille possède une photo avec Ho Chi Minh, quand il est venu rendre visite à la grand-mère de Binh Giang.

Puis survient le ton de la voix de Vu Can, c'est un vieil homme élégant et savant. L'eau scintille au coin de ses yeux. Ses souvenirs roulent comme les larmes. Il est le trait d'union entre le passé et le présent.
Il chante doucement, le ton se répercute dans le Temple de la littérature, les rues de Ha Noi à la nuit. Il nous transporte dans la maison du mandarin Phan Ke Toai, devenu vice-premier ministre de Ho Chi Minh. Il nous amène à la rivière Da qui longe la colline de Da Chông, où Ho Chi Minh voulait qu'on l'enseveli.
"Si c'était à refaire, je refais tout Je revivrai le pire pour le revoir sourire avec des larmes aux yeux…". Les yeux du chanteur se voilent, il va rejoindre les ancêtres. Les ancêtres, origine de tout, imprègnent ce pays de leur souffle dans le noir, de stigmates vibrant sur ses images.

The title is a mathematical symbol. An orthonormal coordinate system with the x-axis, the y-axis, and the origin "o". Here it becomes an ideogram, an image of the idea of origin.Then in front of the "o", appears the letter "H"."Ho" becomes the sound associated to this idea. In Vietnamese this word can mean "kinship", but also the uncle "Ho".
It's the day of Têt in Viet Nam, last day of the lunar year, in the year of the Dragon. The road leading to the Ha Noi airport is getting deserted. The grinding wheels of the old train on the railroad make the trip exhausting. Farm workers in the fields are pouring water with bowls. I't's the celebration of pure light at the cemetary. Families are visiting the ancestors there. Then rises the sound of a Caucasian woman crying, bowing her head over a grave, little boys watching her with an astonished look. Where is she from ? From what foreign horizon ?

Gaëlle Vu Binh Giang came back from France to Ha Noi with her two daughters, looking for relatives of her father Giap. They enter the houses of their family and get to know their cousins. The eight years old little girl learns to play the Dan Bao, the single-string Vietnamese instrument : her fragile and solitary notes become little by little in harmony with the popular tunes. Her seventeen years old sister is filled with wonder when she starts to read clearly the family book written in Chinese-Vietnamese ideograms, when it is presented to her. On the ancestors' altar is exposed a picture of Ho Chi Minh, showing his visit to Binh Giang's grandmother.
The ancestors step in with their breath in the dark, vibrating scars on the images...

Then appears a regained tonality, the sound of Vu Can's voice, an elegant and erudite old man. Water sparkles on the corner of his eyes. His memories roll like tears. He is the link between past and present. He sings softly, the sound spreads inside the Temple of Litterature, in the streets of Ha Noi at night. He transports us to the house of the mandarin Phan Ke Toai who became Ho Chi Minh's vice-prime minister. He leads us to the Da river which runs along the hill of Da Chông where Ho Chi Minh wanted to be buried.
"If it had to be done again, I'll do everything again. I'll go through the worst to see him smile again with tears in the eyes…" The eyes of the singer become misty, he will rejoin the ancestors soon.

Synopsis

Dans l’après-midi d’un jour de février 1999 Gaëlle pose pour la première fois ses pieds à l’aéroport de Noi Bai à Ha Noi (capitale du Viet Nam).
Dans ses bagages une Bell-Howell – la petite caméra des correspondants de guerre – et une vague adresse que son père avait laissée en mémoire.

Le père, arriva en France il y a un demi-siècle, mais la nostalgie de la terre des ancê­tres le retint toujours, comme en témoignent les soins qu’il apporte à son bosquet de bambou dans sa maison du Var, et les noms qu’il donne à ses enfants, imprégnés de mythologie asiatique : Binh Giang (Le fleuve sans vague), Viet Thi (Le Viet Nam comme un poème), Thai Son (La montagne infranchissable).
Jusqu’à son dernier souffle, il porta en lui le mal du pays :
Que les nuages bleus transportent mon coeur d’or vers mon pays natal …

Ce jour-là est aussi le Têt, le dernier jour de l’année lu­naire, l’année du Dragon. La route qui mène de l’aéroport à la ville se dépeuple. Minute après minute, dans la fumée de l’encens, chacun attend en son coeur l’année nouvelle. En ce moment là, ici sacré, cette femme coura­geuse et émotive qui porte dans ses veines le sang français et vietnamien, peut-elle ressentir comme elle est solitaire en ce pays natal qui lui est étranger ?

Elle est à la recherche d’une petite ruelle, rue 251, dans la ville de Ha Noi bouleversée après un demi-siècle de guerre entremêlée de paix. Elle est à la recherche des parents proches dont elle n’a entendu que le nom dans cette ville de quatre millions d’habitants.

Le chemin des retrou­vailles familiales de Gaëlle Vu Binh Giang est la route qui mène l’individu à ouvrir son coeur à une communauté et, en retour, cette communauté à ouvrir son coeur à l’individu. La traversée qu’elle effectue est une recherche du chemin qui peut la mener au coeur du pays de son père. C’est une imprégnation par les coutumes, la culture et l’histoire de ses ancêtres. Cette femme venue de loin, à travers chaque plan dans le film, chaque son, devient de plus en plus une fille en syntonie profonde avec sa terre vietnamienne.

Transcendant une histoire de retrouvailles familiales, le coeur d’or, les nuages bleus, portent le père et la fille de Ho Vu (nom de famille Vu) bien plus haut, bien plus loin. Car Ho est le chemin de la concordance entre l’Orient et l’Est, sur le sens de l’humanité et de la culture.

Extrait du texte de Tran Kim Thanh, écrivain et cinéaste vietnamien, sur Ho

Presse, textes et écrits divers

Présentation (PDF) avec textes de Madeleine Riffaud et du producteur Vietnamien Tranh Kim Thanh.

Témoignage de l'écrivain et cinéaste viet-namien Tran Kim Thanh


Merci pour "Ho". Un courriel de Patrick Leboutte, critique de cinéma, extrait de la présentation ci-dessus.

Sentiments d'espoir doré envoyés aux verts nuages, Traduction d'un article de l'écrivain Vo Thi Hao paru à Ha Noi dans le journal des femmes, Magazine spécial du Têt, 2005

L'école vietnamienne de la patience, Article de Jérôme Cornette paru sur le blog rue89 (en doc)

Interwiew paru dans le journal du Festival International du Documentaire (FID). (english version here)

Fiche Artistique


Scénario / Screenplay : Gaëlle Vu Binh Giang
Image / Photography : Jean-François Neplaz
Montage / Editing : Do Viet Dung, Nguyen Tuan Dat, Nguyen Anh Phuong
Montage son-mixage / Editing : Tran Kim Thinh, Fred Bielle
Son / Sound : Gaëlle Vu Binh Giang

Fiche Technique

Année de tournage / Year of production : 1999 – 2003
Année de Diffusion / Year of distribution : 2007
Durée / Running time : 150 mn
Producteur / Producer : Vo Thi Co Ltd – Ha Noi – Viet Nam – Culture et communication
Co-producteurs / Co-Producer : Film Flamme / S.A.C.R.E.
Langue originale / Original language : Français / Vietnamien

Format de Tournage / Shooting format : 16 mm
Format de Post-production / Screen ratio : 1,66
Format de masterisation / mastering format :
35mm

Diffusion & Festivals

* Festival International du documentaire de Marseille / 2007 / Compétition
* Festival International de Film de Femmes de Barcelone / 2008

 
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