Jean
Paul Fargier
"Cahiers du Cinéma"
Février 89
Ante Inferno nous plonge, via la métaphore de
"Salo", le film de Pasolini, cité ici, dans l'enfer
du travail en usine, description futuriste (genre ballet mécanique)
s'abimant dans la réalité d'une surveillance tyrannique
de la main d'oeuvre, cloîtrée, y compris par les syndicats,
défilé de cadres dans les allées d'un atelier,
lourds battants en plastique anti-bruit, boucan de la bande son de Vivenza,
puis Chérubini, final avec un stock shot sur la libération,
montages très vidéo, colorisation, plans courts, surimpressions,
incrustations en luminance, résultat : un poème cruel,
un cri.
1990
C'est la passion pour la classe ouvrière. Pour
la classe ouvrière comme mythe. Chez Neplaz, les masses gardent
encore cette aura qu'elles ont chez Vertov, Malraux ou encore une fois
Pasolini. Mais Neplaz sait pertinemmentque ce mythe a finit de briller
dans le réel, qu'il ne scintille plus dans le royaume des images.
Sentiment de perte, rage, nostalgie, deuil toujours repoussé
: un nouveau tragique se met en place, imprévu... "Ante
inferno" dit que le pire n'est pas encore arrivé"
Non
signé
"Passage du Nord Ouest" Juin
92
La guerre des classes, la guerre des sexes. Dans le cinéma, dans
la réalité. Pasolini (Salo), Lang (Métropolis)
et quelques autres font de la résistance. Au commencement était
l'électricité. A la fin : la fin de l'histoire. C'est
toujours les mêmes qui ont la peau cassée. La passion de
la classe ouvrière, dans tous les sens du terme.
P.C.
"Dauphiné Libéré"
Mai 95
Ante Inferno de JF Neplaz était un document hautement
travaillé, son contenu, la critique du travail, comme sa plastique
et l'accompagnement musical sciemment obsessionnel, portaient la marque
indélébile du talent.
Jean
Paul Curnier
"Notes sur les films de JFN" 97
“Une passion de la classe
ouvrière”. Oui, sans doute, c’est assez clair. Mais
la passion est vacarme, débauche et perspective de désastre.
D’où les images, d’où le son, la passion mise
au son, d’où Salo et les 120 journées pasoliniennes