Fax de Jean Douchet à Jf Neplaz

Sujet : Vivants et nus


J’ai donc vu ton film. Et entendu.
J’y ai ressenti la difficulté d’être dans un monde (celui de la ville, de la -et du- capital (e)) où l’en soi est devenu impossible. Hors de soi, déchiré, déchiqueté comme les affiches qui partent en lambeau. Incapacité où l’on est réduit de se fixer, d’être fixé sur une image.

Là se trouve à mes yeux et mes oreilles le sujet dramatique du film. Le désir d’être donc de parvenir à l’image et l’écoute de soi par et pour des êtres humains en accord, enfin, avec les activités fondamentales et son existence.

La forme travaillée, disloquée, triturée pour dire le fond de l’angoisse d’aujourd’hui et son inaltérable espérance. Tant qu’il y aura les mouettes et la mer !!!

J’aime aussi beaucoup cette recherche Godardienne de la superposition des visages considérés comme des couches quasi géologiques des différents niveaux de réalité. De leur télescopage, rencontre, destruction, naît la réalité telle que nous l’éprouvons aujourd’hui. Les images glissent les unes par rapport aux autres, les unes sur les autres, dans l’incapacité de se fixer sur une pellicule perforée, en roue, chute, parcours libre.


A la recherche d’un cinéma que le capital assassine.


Je te salue.

Jean Douchet
Le 06/11/94

 
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