Pierre Michel!!! Un orchestre à fiction!!! de Maddy Delsipée
(textes)


L' OEUVRE DE PIERRE MICHEL
" L' oeuvre de Pierre Michel est un défi aux modes; avec lui, il s'agit d' être en peinture : le langage est en interaction avec la pensée-le corps-la-libido. Dans le domaine de l'image il fait éclater tous les carcans, tous les tabous de la morale, ainsi que les ordonnances graphiques habituelles.
Les dessins tantôt rageurs, nerveux, sexués ou fantastiques imposent des systèmes-singuliers-différents-originaux.
Chaque gouache ou dessin est une histoire plus ou moins continue, plus ou moins cohérente, qui trouve son unité dans le graphisme, son ordonnance ou sa désarticulation dans la structure "

Claude Lorent - critique d'art 1981
A l'occasion de l'exposition à la galerie Détour, à Jambes-Namur, en 1981 

" La brève existence de Pierre Michel laisse les traces d'un descendant de la génération des calligraphes-poètes belges modernes (Dotremont, Michaux, Alechinsky ) qui aurait en outre rencontré dans un regard intérieur cosmique les ondes colorées d'Ensor ou de Bonnard, mais ausssi la bande dessinée et le psychédélisme de son adolescence"

Ghislain Olivier - journaliste - 1985


"... Un appareil électrique, domestique, familial et  à ne surtout pas ménager ! Un mixer, dit-on, où mixer - c'est le terme qui convient quand on sait la passion et la pratique qu'il avait du cinéma ! -.  Un mixer donc - et qui ne s'use que si l'on s'en sert bien !- où mélanger d 'inédits fruits verbaux: pulpeux, défendus, noirs et innocents, tavelés, piqués par d'inextinguibles bestioles euphorisantes, luisants comme la rumeur publique ou frais comme le désespoir pur ou le sexe dressé !
Eden ! Eden ! Eden ! comme l'écrivait alors Pierre Guyotat qu'il lisait et admirait. Comme Sollers et Denis Roche, qu'ils venait écouter   ...
... Faire jaillir - loin de la Divine Lumière ! - un nouvel éclairage sur l'imaginaire, le langage, la sexualité et le coeur, le corps et les neurones. Etablir d'imprévues connexions !
En coupe-circuiter d'autres !
Dériver ! Toujours dériver ! tout en contrôlant la boîte de dérivation signifiante !
Dériver, non pas comme il est convenu - et courant ! - de le faire pour brouiller les pistes et obscurcir, mais, pour porter sur les choses, et le monde, un regard toujours plus brillamment audacieux ! ....

Jean-Pierre Verheggen  - écrivain  -1984 -
Texte écrit pour introduire la publication de textes et dessins  de P.M. à l'occasion de l'exposition organisée au Palais des Beaux-Arts de Charleroi par Laurent Busine en 1984


ILS ONT DIT DU FILM :
" J'aime beaucoup ton film dont la forme est parfaitement adaptée au sujet. Et puis il y a beaucoup d'amour et de passion dans ce film "

Henri Storck  - cinéaste - 1985

" ... un film fait de trous, de brûlures et d'accrocs ": ce texte-cinéma, parmi tous ceux écrits-dessinés par Pierre Michel, est une petite phrase que l'on entend dans le film.
La réalisatrice s'est en effet trouvée seule devant une oeuvre bouillonnante, une masse de documents qu'elle a voulu filmer, agrandir et insérer, y compris dans la bande-son. Oeuvres peintes et écrites, textes grinçants et scénarios à la Bunuel, diapositives, extraits de films, graffitis muraux, images de chambre-atelier: le résultat offre: tant une approche extrêmement dense de la puissance de créativité d'un artiste, qu'un portrait vivant et intime d'une vie intérieure des plus riches.

Ce film, plus qu'un hommage, est un voyage au coeur de la création. C'est un film haletant où le spectateur est sollicité jusqu'à la limite de l'équilibre par la perception aigüe des vibrations d'un homme, de son oeuvre et de ses voyages intérieurs.
Il donne à un artiste du Pays Noir dont la carrière s'est prématurément interrompue une dimension universelle qu'il serait injuste d'ignorer.
A voir avec en bande-son une musique d'Yvon Vroman, désuète et implacable "

Ghislain Olivier  - journaliste - 1985

" Portée par l'envie de témoigner de cette trajectoire fulgurante, déjentée et violente, proche dans la gestuelle et les couleurs de Cobra et par ailleurs inclassable , Maddy  s'est lancée dans la réalisation avec un groupe de leurs amis communs.
Ce portrait post-mortem de Pierre Michel se refuse à toute biographie, à tout commentaire ou interview, à l'exemple de celle que l'on va voir du peintre où il dit, ironique, qu'il n'a rien à dire, dans une émission de la RTBF citée dans un film qui colle à l'oeuvre et l'explore comme un continent.
Une narrativité extraordinaire se développe, ce que l'on voit devient émouvant et palpitant. Cette immersion colorée, répétitive et forte fait la substance du film. Son impact est d'autant plus grand qu'elle est appuyée sur une bande-sonore où Pierre, d'une voix hachée et stridente, lit ses propres textes; ce grouillement obsédant d'images et de mots n'est coupé que par quelques plans de ville: rue, affiches, cafés - le matraquage visuel était une source d'inspiration.
C'est bien un autoportrait de l'artiste par oeuvre interposée, porté par sa propre scansion enregistrant ses textes, et par une musique populaire et provocante "

Jacqueline Aubenas  - critique cinématographique - 1985


 
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