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Jeudi 21 Mai à 19h00
Peuple
et Culture Marseille, s'installe au Polygone étoilé
Dans le cadre de son cycle de cinéma documentaire :étrange
étranger
Entrée libre
accueil avec buvette à partir de 18h30
Invitation à Natacha Samuel
réalisatrice, scénariste, écrivain
19h
Pola à 27 ans de
Natacha Samuel
(France, 2002, 55 mn)
“Pola était une petite juive
de Varsovie. Entre 1944 et 1945 - elle a 27 ans - elle a perdu toute sa
famille à Auschwitz, où elle a elle-même vécu
l’enfer pendant un an...
Pola n’est jamais retournée à Varsovie... Pola est ma
grand-mère.
Moi j’ai eu 27 ans cette année, et vraiment très envie
de comprendre la mémoire que Pola gardait de ses 27 ans.
On a décidé de partir toutes les deux sur les traces de ses
souvenirs, dans ce pays qui m’a toujours semblé beaucoup plus
loin que la Chine.” (N. S.)
« Avec une caméra vidéo,
la jeune cinéaste interroge sa grand-mère sur ce passé
qui, dans sa violence, sa puissance de néantisation, se conçoit
à peine. Le savoir par les livres d’histoire, les films d’archives,
le récit familial a gelé l’expérience de la déportation
dans un temps qui ne semble pas devoir communiquer avec le présent
(…) Le désir de ressouder par les images du pays perdu le passé
et le présent aboutit à un drôle de constat où
entrent le fatalisme, l’amertume et la mélancolie.
“Tout l’immense et compliqué palimpseste de la mémoire”
écrit Baudelaire et le film superpose la stupeur de la cinéaste
aux lignes de souvenirs dont on ne sait plus, à force, si elles s’effacent
ou revivent. »
Extrait d’un article de Didier Péron, Libération, 19
mars 2003
20h30 : repas collectif
21h30
J’ai besoin d’air
de Natacha Samuel
(France,
2005, 45 mn)
Mois d'août dans la ville. La chaleur
écrase le bitume.
Fin d’un long amour, solitude.
Comment apprivoiser le vide ?
Partir, quitter la ville.
Aller vers d'autres paysages, prendre l'air.
Retrouver les amis, la douceur.
Mais quand ils ne sont plus là : comment apprivoiser le vide ?
Rencontrer un autre homme, son corps, sa peau, son odeur. Il est beau.
Anna baise et retrouve le sourire.
Mais après, de nouveau : comment apprivoiser le vide ?
En acceptant que le vide n'existe pas. Et en laissant ses pas la guider
vers la mer et l’oubli.
Née en 1973, Natacha Samuel est une jeune réalisatrice qui a déjà à son actif un film documentaire - Pola à 27 ans - et une fiction - J’ai besoin d’air - qui ont été sélectionnés et primés dans de nombreux festivals en France et à l’étranger, parmi lesquels Locarno, Turin, Belfort, Pantin, et plus près de Marseille, Digne les bains où J’ai besoin d’air a reçu des mains de Françoise Lebrun le grand prix du jury qu’elle présidait.
Elle a aussi publié en 2006 un essai documentaire chez Albin Michel, Si loin si proches.
Son travail questionne avec justesse les notions de perte, de différence et d’étrangeté à soi et au monde. Elle met en perspective ce que pourrait être l’étranger sous sa forme la plus radicale, qui se loge dans le rapport à soi, mais aussi de ce “je” au monde. L’étranger ne naîtrait-il pas dès lors qu’il y a affirmation d’un quelconque sujet en dehors de toute appartenance ?