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Mercredi 14 Mai à 19h00
Peuple
et Culture Marseille, s'installe au Polygone étoilé
Dans le cadre de son cycle de cinéma documentaire :étrange
étranger
Entrée libre
accueil avec buvette à partir de 18h30
L’autre, proche et si étranger
19H
Le voleur vit en enfer de Robert Morin
Canada, 1982, 20 mn

Le voisin d'en-dessous chante. Morin
regarde par sa fenêtre. Il filme au hasard les événements
de sa rue qui ne sera bientôt plus. Tout va être démoli.
Ces voisins étrangers et à la fois proches vont disparaître.
Le rapport au cadre est essentiel, avec lui se joue tout notre rapport à
la représentation, comme si l’autre n’était toujours
qu’une image. C'est dans l’absence de cadre que l’on peut
franchir la distance qui nous sépare d'autrui. A croire que l’étranger
ne tient qu’à l’éloignement.
20h Repas collectif
21h30
Petit Pow Pow Noël de Robert Morin
Canada, 2005, 100 mn
Le cinéaste, caméra
et seringue au poing, va, un 24 décembre, à l’hôpital
pour tuer son père grabataire et autiste. On assiste à une
scène très intime entre deux hommes qui ne partagent pas d'intimité.
On voit le père, diminué. On entend le fils, vengeur. Un suspens
à la limite du sordide. La violence des mots semble démesurée
envers cet homme presque déjà mort.
Trip exhibitionniste ou tentative pudique ? En tout cas, inconfort assuré
du spectateur.

Le réalisateur
Robert Morin est né en 1949
à Montréal.
Il a fait des études en cinéma et communication avant de devenir
photographe et caméraman.
À la fin des années soixante-dix, avec des amis, il fonde
la Coop vidéo de Montréal où il réalisera la
majorité de ses films.
Réalisateur, scénariste et acteur, durant les années
quatre-vingt, il cosignera la plupart de ses réalisations avec Lorraine
Dufour, qui demeure, toujours, sa monteuse et sa productrice.
“Je te le dis, un film c’est
sensuel, ça reste cochon, faut que tu sentes la peau. Ça fait
que c’est ça le défi. (...) Il y a quelque chose de
voyeur là-dedans.
En fait c’est ça, c’est justement ça qui manquait
à Chantal Ackerman, Marguerite Duras ou à Godard, c’est
ce côté voyeur. C’est qu’ils oublient que tu es
un voyeur. Ils oublient que, lorsque tu es assis devant un film, tu es assis
en tant que voyeur. Et, pour moi, c’est essentiel de faire des films
de voyeur. Mais je n’oublie pas qu’un voyeur, c’est quelqu’un
de pervers qui veut voir de la perversion. Et, si tu lui en donnes pas,
tu manques ton coup. Tu ne peux même plus le faire travailler s’il
n’a pas satisfait ses besoins. Il faut que je me surveille bien gros
là-dessus pour, qu’à un moment donné, il y ait
des choses qui soient hyper faciles, qu’il y ait des jokes hyper évidentes
pour, ensuite, être capable de faire des revirements. Là on
sent un drame, mais, en même temps, ça ne peut pas être
un drame tout le long. S’il n’y a personne qui me sort une bonne
joke à un moment donné, ça ne sera plus un drame. La
vie, c’est ça.”
Robert Morin, Interview(s), Moments donnés
Vidéographe édition, 2002