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VENDREDI
27 MARS 2009 à 19H00
DÉSIR À VOIR
Filmarylin de Paolo Gioli (Italie,
1992, 10 mn)
Réalisé à partir de planche contact, Filmarylin construit
un corps-objet de l’icône hollywoodienne, Marylin Monroe.
Sans titre de Sabine Massenet (France, 2002,
2 mn)
La vidéo est constituée d'une accumulation de plans extraits
de publicités.
Tears de Sabine Massenet (France, 2004, 6
mn)
Des femmes qui pleurent, un montage de séquences de séries
américaines qui déconstruit et met en exergue les codes de
représentation véhiculés par la télévision.
Je, tu, il, elle de Chantal Akerman (France,
1975, 90 mn)
Trois temps octroyés au corps, à être là, pour
trois moments de la vie d’une jeune femme. Seule chez elle, dans son
appartement, elle écrit une lettre d’amour. Sur la route, elle
rencontre un chauffeur de camion, parcourt avec lui des lieux, des moments
de vie. Enfin dans un appartement avec une femme… Leurs corps se rencontrent.
COMME SI LE CORPS...

Comme si le corps était simplement donné… Omniprésent,
il ne semble pouvoir être pensé que comme un tout. Pourtant,
on le sent bien, le corps reste insaisissable : morcelé, éclaté,
disjoint, il résiste à sa totalisation et ne se perçoit
qu’en pointillés.
Et le cinéma, nous montre-t-il autre chose que des corps en trompe
l’œil ?
Dans leur mise en spectacle, il fabrique des représentations figées
qui, à force de répétitions, se désincarnent.
Mais parfois, les corps à l’écran débordent leurs
images et creusent par leur seule présence l’espace du voir,
dans un dénuement où affleure la singularité d’un
être-là.
Par leur approche du réel, les films de cette programmation montrent combien le corps, loin d’être donné une fois pour toutes, est en perpétuelle construction, toujours en mouvement. En ce sens, donner à voir des regards défaits de leurs certitudes, contribue à déconstruire les représentations dominantes : à travers l’émergence de nouvelles figures moins stéréotypées, moins entravées, ces films nous regardent. Et du coup, cela nous regarde ! Comme si les corps impressionnés à l’écran impressionnaient à leur tour ceux des spectateurs.
Que le corps soit l’objet d’enjeux sociaux, politiques ou culturels, il s’agit de faire corps. Les catégories de la pensée qui l’instrumentalisent et le contrôlent, se réservent la légitimité de le définir adapté ou inadapté, valide ou invalide, beau ou laid, désirant ou désirable, mâle ou femelle, etc. Ainsi dans l’institution sociale, le travail, la sexualité ou encore la santé, les pratiques et les discours normatifs persistent. Le corps est-il réductible à des fonctions, dont les principales seraient d’être le véhicule de son espèce, d’un genre ou d’une culture ? Censée fonder la vie en société, cette exigence s’accorde pourtant bien mal avec son infinie diversité, sa polymorphie. Et si de corps insoumis naissaient des désordres créateurs ?
Lorsque le cinéma parvient à rendre perceptible l’état par lequel le corps déborde son enveloppe, il montre à quel point celui-ci se joue des limites qui lui sont assignées, transgressant non seulement par plaisir mais aussi par nécessité. L’incarnation prend alors une autre dimension, onirique, extatique ou tragique, qui fait éclater les frontières entre le plaisir et la souffrance, la naissance et la mort. Même si celle-ci, borne ultime, peut être elle aussi sublimée par les puissances conjuguées de la vie et du cinéma. Comme si le corps, dans le caractère fragile et aléatoire de son existence et de son identité, était continuellement projeté vers…
Ces frontières, nous avons voulu à notre tour les laisser ouvertes par une diversité de formes cinématographiques, une diversité de modes de diffusion et d’écoute ; par des expressions du corps à vivre dans l’écriture ou la voix, en ateliers ; par une conférence. Et puis, c’est notre souhait, entre les corps regardés, regardant et agissant, des paroles, des sons, des expériences à échanger ; des réflexions à poursuivre, ensemble.
Peuple
& Culture Marseille
Un collectif
d'éducation populaire
une
ambition: le partage de la culture, les échanges et la construction
des savoirs
deux axes: l'image et la langue
des formes multiples: rencontres cinématographiques, littéraires
et poétiques, ateliers de pratique artistique, échanges interculturels,
formation
des espaces pluriels: des lieux communs "où une pensée
du monde rencontre une pensée du monde" (Edouard Glissant).
peupleculture.marseille@wanadoo.fr