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Jeudi 24 Avril à 20h30

Peuple et Culture Marseille, s'installe au Polygone étoilé
Dans le cadre de son cycle de cinéma documentaire :étrange étranger

Entrée libre
accueil avec buvette à partir de 20h00


SUR LA PISTE ANIMALE


Deux séances en forme de "trajet cinématographique", deux propositions ouvertes irriguées par des images et des sons de différentes natures.
La première séance s'interrogera sur le « monde animal » et posera la question des frontières entre les animaux et les hommes. La seconde se déroulera en deux temps : un premier où nous aborderons la part mythologique qui lie les bêtes aux hommes à travers les métamorphoses ou les passages d'un état vers un autre. Un deuxième temps, nourri par Le versant animal de Jean-Christophe Bailly, qui, dans cet essai, pose la question animale sous un angle inédit : ni biodiversité, ni anthropomorphisme, encore moins transgression dans un sens ou dans l'autre. Remontant à la nuit des temps, c'est plutôt le "côtoiement" entre l'homme et l'animal que cherche à débusquer Jean-Christophe Bailly.

En présence (sous réserve) de Frédéric Joulian, Anthropologue, Maître de conférences à l'EHESS (École des Hautes Études en Sciences Sociales) à Marseille et responsable de l'équipe du CNRS Homme et Primates en Perspective.

Au programme

Outside the Circle of Fire de Chris Watson
phonographies, Touch Music, 1998/2003

Du bruit au silence le plus spectral, tel pourrait être en résumé le parcours de Chris Watson. Son nom reste associé à Cabaret Voltaire, formation culte aujourd'hui dissoute qui oeuvra dès le début des années 70 sur le terrain electro-industriel un brin noisy…

Chris Watson s'es ensuitet rapproché d'Andrew McKenzie avec qui il a fondé The Halfer Trio. Un projet expérimental, très "concret" et improvisé au niveau du son, parfois abstrait ou captivant. On peut, par certains aspects, les rapprocher de Nurse With Wound (un "clash" ayant d'ailleurs été immortalisé par Staalplaat). Là aussi, après plusieurs années de bons et loyaux services, Chris Watson se met en congé. Fatigué par la musique, il se consacre aux oiseaux dont il traque les gazouillis pour le compte de la très officielle Royal Society for the Protections of Birds. Chris Watson est devenu un chasseur de sons ! Avec son magnétophone en bandoulière et son micro haute-précision au bout d'une perche, il commence à arpenter le monde à la recherche d'ambiances naturelles d'où le silence n'est pas complètement exclu. Aujourd'hui, il a dû faire plusieurs fois plusieurs fois le tour de la Terre… Ses enregistrements intéressent la télévision, et singulièrement la BBC, pour des documentaires animaliers. Mais Chris Watson enregistre aussi le bruit du vent, des glaciers, du désert… La radio, les festivals arty et galeries multimédia mettent en valeurs ses travaux.

C'est le label expérimental Touch qui consignera ses field recordings sur CD. Dans l'absolu, ce naturalisme sonore s'accorde avec les photos de Jon Wozencroft, le fondateur de cette structure. En 1996, il publie ainsi Stepping Into The Dark : des enregistrements pris sur le vif dans différents endroits en Angleterre, au Kenya, en Allemagne, au Costa Rica, etc. Chaque pièce fait l'objet d'une localisation géographique très précise (latitude / longitude) et est accompagnée d'un visuel et d'un texte.Deux ans plus tard, il publie Outside The Circle Of Fire qui est une véritable sonothèque animalière : au total 22 pistes, dont certaines n'excédant pas quelques secondes. En 2003 paraît Weather Report, toujours chez Touch. Un sommet du genre avec ses 3 longues plages qui nous téléportent sur les terres des Massaïs et à l'extrême Nord de l'Islande. D'autres pièces sont également diffusées via la web-radio de Touch (The Galapagos Islands - an audio diary, Alcedo Volcano). Une large partie de Weather Report sera reprise, ou plutôt, intégrée en 2005 dans Number One. Une création commune avec K.K. Null et Z'ev, (re)connus pour leur ambient-noise qui flirte avec la musique concrète et la libre improvisation… Dernièrement, c'est BJ Nielsen, autre grand magicien du son, habituellement plus "high-tech" sur le plan de ses sources, qui l'a sollicité pour capter le tumulte des tempêtes dans la mer du Nord (Storm).


Grizzly Man de Werner Herzog
documentaire, Etats-Unis, 2005, 103 mn

L’histoire vraie de Timothy Treadwell, un écologiste ayant passé treize étés consécutifs auprès des grizzlys en Alaska, avant de se faire dévorer.

« Grizzly Man est tout d'abord la peinture d'une forme d'écologie radicale, illuminée, détachée des exigences de la réalité. L'aventure de Treadwell ressemble à une fuite de la civilisation, une recherche d'un univers préservé des hommes. Mais en se mettant en scène, l'homme se faisait aussi entrepreneur de spectacle, cinéaste animalier, histrion infantile. Le doute qui pèse ainsi sur la véracité des événements décrits est la conséquence d'une plongée au coeur d'un monde où la fiction et la réalité sont désormais indissociables l'une de l'autre, un univers où tout est spectacle". Le Monde, 2005

« Au risque de désavouer un siècle d'anthropomorphisme disneyen, le constat empreint d'un bon sens saisissable dès l'âge de deux ou trois ans ne souffre aucune contestation : l'ours est un animal sauvage. Cela signifie qu'il a son petit tempérament et que la moindre contrariété, relayée par cinq cents kilos de muscles, de longues griffes et une pointe de vitesse comparable à celle d'un cheval au galop (mais seulement sur une courte distance, on se rassure comme on peut), est susceptible d'avoir sur l'objet de son courroux des conséquences ir-ré-ver-sibles ! » Libération, 2005

« Dans cette relation voulue avec les grizzlis, Treadwell tente une révolution complète : une modification de l'ordre de la nature, phénomène à la fois empreint d'un romantisme de l'homme tout puissant, seul capable d'opérer cette inversion, mais aussi enfermé dans une fausse logique assez proche de la folie. Entre rêve et démence, il s'invente une réalité à lui, tel un metteur en scène. Pas étonnant dès lors qu'il ait pris autant de soin à filmer sa vie dans la nature, ses aventures dans un one-man-show souvent drôle et émouvant, laissant percevoir une empathie certaine avec les bêtes, et sans doute une blessure intérieure profonde » Fluctuat.net, 2005


 




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