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Mardi 12 avril
18h30 : Présentation de la collection par Martine Derain, éditrice, en présence des auteurs
Les éditions commune publient des écrits d’artistes et de
chercheurs. Le livre y est une continuation de la recherche ou du geste
artistique : à la fois document traçant le dess(e)in d’un processus et sa
remise en jeu par la ré-interrogation des matières .
Ni mode d’emploi, ni
terminus, c’est un point de départ, une forme à part entière qui ouvre de nouveaux
chemins de sens. Les éditions commune et Film flamme s'associent pour
explorer ce cinéma-là avec des livres.
# 1 : la remontée du temps de jean-françois neplaz
Ouvrage collectif :
Textes de Frédéric Valabrègue,
Jean-François Neplaz, Paul-Emmanuel Odin et Rodolphe Olcèse
A propos de 4
courts métrages de Jean-François Neplaz : L’autre matin... en attendant Mario
Rigoni Stern 2006, 13’, 35 mm | Tu, un film polonais 1991, 13’ | Ante Inferno
1987, 11’ | Champ profond 1979, 12’.
Quatrième de couverture : Mario
Brenta.
Format 13x18, 96 pages, 3 illustrations couleur, dessins et
photographies de l’auteur - DVD encarté
Prix 20 €.
Trois auteurs parcourent cette spirale du temps proposée par
Jean-François Neplaz (cinéaste et cofondateur de Film flamme et du Polygone
étoilé) et font lecture des films qui fondent l'ouvrage. Lectures autant
contradictoires parfois, que complémentaires dans leurs perceptions et
analyses. Depuis l'enracinement sombre et « l'emprise au sol » du
cinéaste relevés par Frédéric Valabrègue (écrivain et enseignant aux beaux-arts
de Marseille), ou l'élancement qu'y joue la figure de l'arbre, écologie
politique et physiologique scrutée par Paul-Emmanuel Odin (artiste, directeur
artistique à la Compagnie, critique), jusqu'à l'hypothèse des éclats de lumière
qui font vibrer la sensibilité spiritualiste de Rodolphe Olcèse (cinéaste et
critique de cinéma), c'est la complexité interprétative d'une œuvre qui se
révèle.
Une œuvre alors dont le rapport à la guerre civile agit sur la matière
humaine comme un soc de charrue travaille la terre, en retourne et met à nue
l'entraille.
Et c’est une mise à nue aussi que propose Jean-François Neplaz. Son
texte suit deux chemins entrelacés : un premier récit retrace la genèse de
ces 4 films et constitue un descriptif du processus de création de chacun
d’eux. Parallèlement, dans un second mouvement, l’auteur porte une réflexion
sur le geste cinématographique et interroge de manière critique son analyse
chez des théoriciens comme Jacques Rancière et Giorgio Agamben à travers le
geste politique et poétique de Jean-Luc Godard. Une réflexion qui déporte
l’attention de l’analyse sur le rôle du son et celui de l’improvisation.
# 2 : Flacky & camarades, Le cinéma tiré du noir de aaron sievers
Ouvrage collectif :
Textes de Aarons Sievers, Jean
Duflot, Marc-Henri Piault, Christian Hottin, Jean-François Neplaz, Marie-Jo
Aiassa, Kiyé Simon Luang.
Textes extraits du film : André Flament, Roger
Moreels, Ignace Flaczynski.
Format 13x18, 144 pages (16 pages couleur, 128 pages noir et
blanc, 42 images
DVD encarté du film Flacky & camarades ou le cheval
de fer (103 mn) avec le court métrage La leçon de cinéma de Pierre
Gurgand (11 mn)
Prix 25 €.
Aaron Sievers ouvre le livre bien sûr, qui nous dit ses
choix esthétiques (et par conséquent, politiques). On lira ensuite un texte de Jean
Duflot, critique et scénariste, qui en 2005 au tout début du travail, donne à
voir la dimension collective de Flacky, depuis les filmages de Pierre Gurgand
jusqu’au film d’aujourd’hui. Marc-Henri Piault, cinéaste et anthropologue,
inscrit le film dans le mouvement plus général de l’anthropologie visuelle, où
il interroge la relation critique entre filmés et filmeurs, et le passage d’une
relation de domination à une relation de partage dans la construction de
l’image. Christian Hottin, conservateur du patrimoine attaché à la direction
générale du patrimoine du ministère de la culture, explore sa valeur
patrimoniale, dans ses dimensions archivistique et immatérielle. Marie-Jo
Aiassa nous précise les matières de ce « fonds minier » qu’elle a
constitué avec Pierre Gurgand et Gilles Brunet, et nous laisse entendre le rêve
d’émancipation que portaient les ateliers mis en place par l’Institut National
d’Education Populaire. Jean-François Neplaz, cinéaste[1], lui, trace les filiations, de ces
ateliers du Nord à ceux qui sont menés à Marseille avec les habitants de la
Joliette ou du Panier par le collectif Film flamme, producteur de Flacky. Et
chemin faisant, déplace la question de la valeur artistique de ces
productions-là. Enfin, Kiyé Simon Luang, cinéaste, nous emmène sur le chemin du prochain
film de Aaron Sievers.
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Parallèlement
jeudi 14 Avril: Avant-première du film restauré, en 35 mm à Bruay-en-Artois
Flacky et camarades
ou le cheval de fer
La restauration du film a été réalisée dans le cadre de
Béthune 2011
capitale régionale de la culture
grâce au soutien d’Artois Comm.
Communauté d’agglomération de Béthune-Bruay.
« à la fin des années soixante-dix, Pierre Gurgand,
réalisateur, alors conseiller technique et pédagogique auprès de l’Institut
National d’éducation Populaire, avait déplacé les stages cinématographiques et
photographiques dans les corons, au cœur du peuple, entre Lens, Sallaumines et
Liévin. C’était la fin des mines, le lent démantèlement de l’industrie lourde,
une page de l’histoire ouvrière se tournait.
Nous nous sommes retrouvés, longtemps plus tard, dans un
même « faire » cinématographique. Les outils étaient là, au Polygone étoilé.
Nous avons commencé à revoir et écouter, ensemble, les trente heures d’images
et les deux cents heures de sons enregistrés par son équipe et par les
stagiaires au cours de ces années passées en Pays Minier.
En 2003, au lendemain du décès de Pierre, tenant promesse et
m’entourant de complices, je me suis mis à la table de montage pour me confronter
à cette matière monumentale. Il s’agissait tout d’abord d’extraire la
parole des mineurs, d’extraire leur mémoire et de la remonter à la lumière. La
fragilité des images inversibles 16 mm, mais aussi la réelle présence des
stagiaires, perceptible dans la matière filmée, par les mouvements, leurs
tremblements, les temps de prises de vue et leur rythme, m’ont conduit à
conserver la durée initiale des plans et à réaliser un montage cut, sans
coupes. La fragilité des images, entre surexposition, flous et filages, fait
surgir l’humain comme une apparition. »
Aaron Sievers
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