|
|
Vendredi 29 Février à 15h30
Peuple
et culture marseille
accueille l’écrivain Zahia Rahmani
DITS SUR L'ECRAN
de 15h30 à 18h
Atelier, conférence.
Autour d'extraits de films et d'oeuvre
artistiques Zahia Rahmani proposera d’y traiter son rapport personnel
à l’Amérique et à l’art moderne et contemporain,
en relatant sa rencontre avec l’objet esthétique (peinture,
photographie, cinéma, vidéo) comme outil d’éclairage
des malentendus de l’Histoire.
A partir d’œuvres artistiques
montrées et d’extraits de films projetés, elle introduira
les questions philosophiques et politiques de la spoliation et de l’(in)égalité
- c’est-à-dire la dépossession mais aussi l’absence
de terre et de patrie – en invitant les participants à s’interroger
sur leur propre rapport à l’art et à la littérature
dans leur construction sociale et identitaire, puis à échanger
pour commencer à penser ensemble la question des (ré-)élaborations
(inter)culturelles.
A 20h30
Projection du film
Du Shtetl à Broadway, une odyssée
musicale
Film
documentaire de Fabienne Rousso-Lenoir (France/USA, 2005,
60 mn)
Une
heure de fresque animée qui dilate le temps de la narration pour
nous conter les tribulations de l’émigration juive fuyant les
pogroms de l’Empire russe dès 1881, et débarquant à
New York, la tête pleine des vrilles festives de la musique klezmer
et de mélopées religieuses incantatoires.
En quelques années,
les enfants de ces réprouvés, trimant seize heures par jour
dans les « ateliers de la sueur », s’émancipent
du carcan de la tradition yiddish et rencontrent l’âme d’autres
esclaves à travers la musique des Noirs américains.

De
cette fusion naît une énergie neuve pour surmonter les rigueurs
de leurs destins. Un « blues commun » déferle alors sur
les bouges de l’East Side puis explose à Broadway dans une
révolution joyeuse, sur le staccato d’un rythme de claquettes
et dans le grain des voix noires et blanches.
Dynamique impossible à
canaliser, vent de panique sur les scènes de music-hall, percussions
et rythmes déchaînés signent le triomphe sur un même
sol de deux cultures étrangères qui, au lieu de se replier
sur elles-mêmes et de se laisser figer dans la stigmatisation, fondent
une nouvelle communauté et inventent une véritable culture
populaire moderne qui donne un son au rêve américain.
La richesse des archives se
fond dans un montage tout en pulsations parfaitement adaptées au
discours, et la force du propos invite à visiter et à repenser
le « dialogue interculturel » dans une émotion jubilatoire.
