Samedi 31 janvier 2009 à 19H00
Poste restante
Fais gaffe, ton service public fout le camp !
La résistance des usagers de la Poste en zone rurale a mis au grand
jour la politique de réduction du service public qui les touchent.
Pour mémoire, 1160 bureaux ont été fermés depuis
2001.
Poste Restante, le film de Christian Tran, montre cette résistance
au quotidien :
contre le départ de ce qui est souvent le dernier service public
des villages ardéchois,
contre le financement par les mairies des agences postales communales,
contre les points postes, ersatz de bureaux de poste chez les commerçants,
contre l’incroyable mépris de la direction de la Poste envers
les usagers, Poste pour qui la rentabilité est devenue le seul credo.
Mais il ne faut pas croire que les campagnes sont les seules victimes de
cette logique financière.
Bureaux fermés faute de personnel suffisant en nombre, horaires d'accueil
réduits, fermetures des bureaux entre midi et deux et/ou le samedi,
délai d'attente aux guichets de plus en plus longs, facteurs non
remplacés, perte de colis… tel est le quotidien des usagers
de la Poste. C’est le même mépris qui est affiché
lorsque les organisations syndicales s’inquiètent de la dégradation
des conditions d’accueil dans les bureaux, puisque la Poste leur répond
« lorsque votre boulanger est fermé, vous allez à
côté ».
Et ça ne risque pas de s’améliorer avec plus de
10 000 suppressions d’emplois par an.
Pourtant la Poste a les moyens de maintenir un service public de qualité.
En 2007, les bénéfices de la Poste se sont élevés
à 943 millions d’euros. Mais quand la Poste n'aspire qu'à
l’ouverture de son capital, qu'au rachat de la banque Palatine et
qu'à un partenariat avec Dexia, pour pouvoir rejoindre la cour des
« grands », elle n'a que faire des usagers et des
salariés de la Poste.
Et quand la résistance des postiers s’organise, c’est
par la répression que la Poste répond. La récente convocation
d’Olivier Besancenot et de trois autres militants SUD au commissariat
de police de Nanterre, après le dépôt d'une plainte
d’un cadre de la Poste pour violence (par ailleurs non établie
par le plaignant), est symptomatique de ce qui se passe désormais
lors de chaque conflit. Ainsi, en mai 2008, après le conflit contre
le projet « facteur d’avenir » de la Poste qui
a duré trois semaines dans les Bouches du Rhône, Serge Reynaud,
militant CNT PTT, a été frappé d'une sanction disciplinaire
de mise à pied de deux ans sans salaire pour fait de grève.
Et quand la voie disciplinaire, même mensongère n’est
pas suffisante, la Poste utilise la délation comme ce fut le cas
pour Thomas Barba, militant CGT du Tarn, qui parce qu'il se battait contre
les CDD abusifs au sein de la Poste a été dénoncé
au fisc par des cadres de la Poste pour suspicion d'enrichissement personnel.
Comité de soutien à Serge Reynaud, c/o Mille Bâbords,
61 rue Consolat, 13001 Marseille
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