 |
Le PolyForum Etoilé Discussions autour du Polygone, de Film Flamme et du SACRe
|
| Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant |
| Auteur |
Message |
Nespole Archipel du Frioul

Inscrit le: 16 Juin 2007 Messages: 63 Localisation: Marseille
|
Posté le: Lun 03 Nov , 2008 18:16 Sujet du message: "La culture c'est nous" |
|
|
Dans les réunions de préparation de la Semaine Asymétrique 2008 avec les associations d'habitants il a été décidé d'organiser une journée sous ce drapeau commun : "La culture c'est nous".
Dans cette organisation partagée entre Solidarité Mieux Vivre, l'Association Jeunes Joliette Demain et Film flamme, nous aurons des projections de films en 16mm réalisés par les habitants, un débat sur la culture populaire de Marseille vu par les gens qui l'habitent, un repas de quartier et des extraits de film de cinéastes sur les aménagements de la (Rue de la) République voisine...
C'est le mercredi 26 novembre de la Semaine Asymétrique An V...
Et ça va décaper ! _________________ Jean-François Neplaz (cinéaste) |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
lo
Inscrit le: 06 Mar 2008 Messages: 33 Localisation: marseille-toulouse
|
Posté le: Lun 01 Déc , 2008 22:40 Sujet du message: et alors...le peuple |
|
|
hello,
alors voilà c'est fini,
on était parti sur la culture c'est nous,
et on y est presque arrivé,
je ne m'étais jamais approché aussi prés,
de cette notion,
qui m'est vague et pourtant que je trouve essentiel,
celle du peuple...
alors je trouve que l'on y étais presque,
que l'on approche,
et que c'est fort...
et dans tous cela,
je continue encore et encore,
a m'interroger sur la notion du peuple,
qui est il ?
ou est il ?
a quoi ressemble t il ?
Il y a le peuple symbolique,
dans le sens de l'appartenance a une terre commune,
a un sol et là je peu peu étre dire que j'appartiens au peuple,
et il y a le peuple,
le prolétariat,
et là...
cela se floutte,
existe t il a notre époque un peuple ?
ou alors le débat est ailleurs...
enfin cette semaine asymétrique,
m'a fait des échos à ce niveau là,
du moins c'est ceux là que j'ai retenue,
que j'ai envie de creuser,
pour pleins de raisons que je ne connais pas encore....
aller,
lo |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
caro
Inscrit le: 09 Déc 2008 Messages: 3
|
Posté le: Ven 16 Jan , 2009 17:48 Sujet du message: depuis quand la culture fait débat... |
|
|
Le 26 novembre 2007 au Polygone Etoilé s'est tenue une discussion autour de
« La culture c'est nous »
Nous venions de regarder un extrait du film de Till Roeskens, « Plan de situation: Joliette » http://www.documentsdartistes.org/artistes/roeskens/repro1-6.html
Il s'agit d'une retranscription partielle, vous pouvez télécharger l'enregistrement complet à partir de notre site. Suivez le chemin:
http://www.polygone-etoile.com/__sacre/indexjournal.htm
Vincent Abad
C'est qu'on a toujours vécu dans le quartier, toujours habité dans le quartier,
et le quartier c'est important. Ils vont avoir du mal à tous nous faire partir moi je dis, ils pourront faire tout ce qu'ils veulent ces promoteurs, il y aura toujours, j'espère qu'il y aura toujours de la résistance. Tant qu'ils meurent pas tous enterrés, tant qu'il y aura toujours une racine, on les empoisonnera.
Donc, voilà ce qu'on vit dans la quartier depuis quelques années, ça fait cinq, six ans que les gens sont délogés, et ça continue et bon, on se bat comme on peut.
Gilles Dinnematin
Je ne vis pas à marseille, je vis depuis 1975 à Ménilmontant, à Paris. C'est un quartier qui ressemble absolument à celui d'ici, c'est-à-dire que c'est un quartier qui s'est construit par lui-même sur les faubourgs de la ville au XIXème siècle. A un moment donné, on s'est dit, et on était pas nombreux, "allez on va les faire chier" - pour être poli - pleins, y'avait pas beaucoup d'espoir mais sur les 10% pas encore construit on va pas se laisser faire, on a cherché, on a fais plein de choses comme vous êtes en train de faire et on a gagné. On a fais un procès à Chirac et on a gagner. On a un certificat qui dit que toute la ZAC de Ménilmontant est construite illégalement donc on pourrait même continuer le procès et faire tout démolir, ce qui est quand même amusant, ça fait 18 hectares à Paris. Et puis sur le reste on a un jugement qui les empêchait de construire quoi que ce soit. Donc tout-à-coup on s'est retrouvé en face de monsieur Tibéri et des autres en train de se demander qu'est ce qu'on allait construire sur ces terrains vagues, et tout-à-coup on avait la parole quoi, donc c'est possible c'est ça que je voulais dire.
Ce qui est très important dans le cadre de "la culture c'est nous"c'est, c'est de dire qu'on a autant le droit, -on nous demande jamais notre avis- et pourtant c'est nous qu'allons construire la ville et donc il faut parler de la ville, pas dans la nostalgie -je dis toujours que quand un arbre est en train de mourir il n'y a pas de raison de ne pas l'abattre et puis d'en replanter un parce qu'on sais qu'un arbre ça va repousser, mais pour les villes, même quand ils détruisent artistiquement une maison, c'est pas à nous qu'il demande de reconstruire la maison, c'est eux qui décident de quelle maison ils vont reconstruire et tout-à-coup on voit bien qu'ils savent pas. Pourquoi? Parce qu'une ville ça se construit pas par décret, par décision ou par planification, ça se construit pas les habitants, c'est comme ça et c'est pas autrement. Un bidonville c'est plus une ville qu'un quartier de Paris ou une banlieue.
Ce que nous on a fait c'est se donner les moyens d'avoir un langage qui nous permette de parler vis-à-vis d'eux, d'avoir un langage culturel, de savoir parler architecte ou urbaniste avec nos mots et d'arrêter de se faire avoir avec leurs discours, avec leurs maquettes, leurs plans, parce que tout ça c'est faux, ça n'existe pas, c'est jamais ça qu'ils construisent et de toute manière c'est une illusion pour nous. Il faut qu'on construise nos propres outils de culture pour les contre-carrer et je pense que de ce point de vue là le cinéma aussi a sa place et c'est pour ça que je trouve intéressant d'être ici et d'en débattre.
Vincent Abad
Il faut dire la puissance de ces promoteurs, enfin de ceux qui ont décidé de faire ça depuis 15 ans, 20 ans. Quand les gens partaient, l'appartement n'était pas reloué, des commerces sont restés fermés 10 ou 15 ans, on comprenait pas pourquoi. Ils sont puissants, ils ont le temps, les moyens... Il y a des médiateurs qui restent chez les gens toute la journée, c'est du harcèlement perpétuel, ils prennent les gens les uns après les autres, la personne âgée il la travaille jusqu'à ce qu'elle cède... Quelqu'un s'en va ils murent son appartement. Là où il y avait 10-15 personnes maintenant il reste une ou deux personnes. D'une manière ou d'une autre ils nous font céder... Ils arrivent à nous décourager, alors les gens croient moins. C'est vrai que je suis surpris de ce manque de résistance, si on avait été plus costaud... Ce manque de combativité, cette fatalité à dire « bon ben ils ont dit qu'on devaient partir ». Nous on dit « vous pouvez rester chez vous », y'a des gens qui pouvaient rester chez eux. On s'est pas assez battus, bon, ils ont pas gagnés, ils ont quand même des difficultés, on les a quand même embêtés. Quand les fonds de pension sont arrivés, ils ont dit on va faire partir tout le monde, ils pensaient que les gens allaient partir du jour au lendemain mais dans chaque immeuble il y a quand même des gens qui ont résisté, ça les a fait reculer, ils ont perdu du temps. Maintenant il reste les costauds, ceux qui sont pas partis, ça va être dur de les faire partir! On les ennuis tant qu'on peut mais face à ces moyens c'est vachement compliqué.
Marouane Meddeb
Moi je suis très sensible à des sujets pareils parce que je m'aperçois que ça se passe comme ça tous les jours et dans les deux rives, moi par exemple je suis natal d'un petit village au bord de la plage au cap nord tunisien, juste en face de la Sicile, et on avait l'ancien ccntre du village, les premières miasons qui ont vécu la fondation du village en 1710. Un jour dans les années 80, en 1983, 1984, le conseil municipal a décidé de démolir tout ce quartier, qui était la naissance du village. Ils ont démoli tout ça, aujourd'hui à la place on a un terrain vague qui entoure une poste, euh, une boite à sucre qui ne ressemble à rien, au lieu de toute l'architecture qu'il y avait, sois-disant que ça va tomber sur la tête des gens, qu'il y a des serpents, qu'on peut pas réparer... Aujourd'hui tout le monde se rend compte qu'ils n'ont plus leur village -il reste quelques maisons et une toute petite ruelle comme ça qui parle d'eux, de leurs ancêtres- donc on se retrouve pas chez nous. Aujourd'hui quand je me rends compte avec les images de mon enfance, je me souviens de mon ancien quartier s'il était resté -même s'il est tombé- ça serait autre chose, ça serait un lieu magnifique pour tourner, pour faire des museés, pour faire des trucs et on n'avait pas besoin à l'époque de le démolir, puisqu'on n'en a fait rien, on a laissé le terrain vague et ils ont donné aux habitants quelques terrains municipal et ils ont construit des maisons qui ne ressemblent à rien, alors que l'ancien village c'était un métissage entre l'architecture arabo-musulmane et l'architecture sicilienne, romaine, méditerranéenne et aujourd'hui il reste plus rien de ça.
Jean-François Neplaz
Que le quartier ait été laissé à l'abandon comme Vincent le décrit dans le film, tout les habitants le disent. Un autre programme avant celui-là avait imaginé la disparition du port -le port qui était orienté vers les besoins du commerce qui était à l 'époque d'une immense vitalité jusqu'à la disparition des colonies- et voilà, on a imaginé de faire des marinades, de réduire la surface de travail. On a programmé au nom de la vision, du progrès, la disparition du port. ça s'est pas passé comme ça, les dockers n'ont jamais laissé disparaître un mètre carré de surface à travailler, quand bien même il n'y avait plus rien à cet cet endroit-là, ce qui fait qu'aujourd'hui le port a pu repartir et que de nouveaux projets apparaissent encore plus monstrueux que les précédents en terme de surface, en terme d'ambition puisque c'est le plus grand projet de restructuration urbain d'Europe.
...
J'ai toujours du mal avec le mot « résistance » parce que ce qui fait la pertinence à mon avis de leur geste, c'est qu'ils ne sont pas dans la résistance. pour moi l'attitude de Vincent qui est vu dans le film c'est pas de la résistance, c'est au sens italien du mot de la ré-existence, c'et inventer à tout moment, où qu'il soit et à n'importe quel moment comment un homme, un individu face à lui-même dans une vie sociale, collective, comment il invente la vie, tout change autour de lui et il change aussi.
Une napolitaine
Marseille capitale 2013 c'est une grosse opération économique mais qui va passer sous forme d'opération culturelle. Je veux dire ça va quand même toucher les réformes d'une ville d'un point de vue urbanistique mais aussi une demande de restructuration culturelle. Peut-être que je me trompe, que c'est juste une impression, je suis pas marseillaise, ça fait trois ans que je suis là, je suis napolitaine, peut-etre que j'ai rien compris mais il y a un appel d'offre aux associations qui parle de cohésion sociale et qui propose aux associations de faire des travaux avec les artistes pour travailler sur les tensions entre les classes, sur les tensions entre les nouveaux et les vieux habitants. Ils demandent aux artistes, aux associations, aux gens qui font de la culture d'apaiser les tensions, c'est écrit, donc c'est un grand projet. C'est très bien mais je veux dire, on peut pas séparer la question d'un renouvellement urbanistique, de restructuration d'une ville et d'un procédé de gentrifictaion, c'est-à-dire que comme dans beaucoup de villes dans un centre ville où les populations les moins riches vont habiter les banlieues, mais qui implique une participation des gens qui font de la culture, des artistes, c'est-à-dire que c'est une demande de restructuration physique et matérielle, et culturelle parce qu'on demande de faire des actions qui d'un côté donne une grosse impulsion au niveau de l'argent pour ceux qui font de la culture mais que de l'autre côté aussi une demande... "Restructurez-moi cette ville pour 2013", "Donnez-moi une façade avec des jolies choses faites par des artistes, connus dans le monde, si c'est possible". J'avais envie de venir ici pour partager ça parce que peut-être que je me trompe.
Une marseillaise
On sera exclu, on aura pas les moyens de suivre, le coût de la ville sera fait pour ceux qui ont des finances, c'est réservé à une élite. A une élite pas culturelle, financière.
Jean-François Neplaz
On continuera cette discussion avec les associations de quartier, cette réflexion: "En quoi cette initiative de Marseille 2013, capitale de la culture, nous met en danger en tant qu'habitant de Marseille dans notre façon de vivre et d'habiter Marseille qui est quelquechose éminemment culturelle."
Une voix
Vous êtes aussi quelqu'un qui fait de la culture
Jean-François Neplaz
Mais nous somme tous quelqu'un qui fait de la culture! |
|
| Revenir en haut de page |
|
 |
|
|
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum
|
|