Rencontres et projections du 20 au 27 février au Polygone Étoilé.

La Semaine asymétrique n’est toujours pas un festival, ici pas de sélection, pas de programmation, pas de prix ni de compétition.
Ne pas faire de sélection ni de programmation est une position claire et dynamique. Projeter ici des films, c’est enrichir le dialogue entre artistes et en public, avec le public. C’est construire une langue commune, non pas un langage cinématographique commun qui n’existera jamais (avec ses grammaires et ses dictionnaires académiques), mais rendre possibles des échanges, des confrontations, des conflits même, sans fards, sans dissimulations, sans mensonges... construire des espaces dialectiques, des circulations de savoir qui nous emmèneront plus loin (ou au moins ailleurs !) dans nos démarches individuelles.
Ainsi, les cinéastes ne viennent pas simplement pour présenter leur film mais pour s’engager dans cette intense semaine de débat et de pensée commune.
Dans Le Polygone étoilé, de Kateb Yacine, les héros arrivent en bateau, en des circonstances éternelles, du fond d’un naufrage :
— Voilà Marseille !
— C’est grand !
— Nous aussi nous sommes grands !
Il ne peut y avoir dialogue que s’il y a autre : soyez les bienvenu·es, pour écrire ensemble le poème d’action qu’est cette semaine turbulente !
Quelques repères
Cette année, 53 films, courts et longs, et autant de cinéastes : fictions, documentaires, films expérimentaux, essais poétiques, pas de frontières au pays de faire des films.
La Semaine sera traversée de questions prégnantes et partagées : on verra beaucoup de formes nées d’ateliers cinématographiques, films collectifs emmenés par des cinéastes de Marseille et d’ailleurs, d’aujourd’hui ou d’hier mais toujours intemporels, dont de nombreux en lieux de soin. Que se passe-t-il dans ces lieux et ces films, qui nous ouvre à de nouveaux mondes ?
On inventera nos rapports à l’histoire et à l’histoire du cinéma avec Peter Goedel et une maison de la culture en Allemagne de l’Est — avec Jean-Pierre Daniel et Le Moindre geste, et la geste de Fernand Deligny et Josée Manenti — avec Raymonde Carasco et Régis Hébraud et deux portraits de Julien, maçon et voyant — Annabelle Aventurin et Léa Morin évoqueront leurs recherches autour de la vie, fragile et révoltée, de Madeleine Beauséjour — et nous clôturerons cette semaine en marchant toujours dans les pas de Kateb Yacine, avec Émigration, un film de Ahmed Hamou-Zerrouki sur la tournée de sa pièce Mohamed prends ta valise.
Enfin, deux matinées seront consacrées à la diffusion aujourd’hui : des milliers d’œuvres cinématographiques sont réalisées et produites, qui ne seront jamais vues ou très peu, malgré la quantité de festivals et d’espaces numériques censés multiplier les possibilités de rencontre entre les films, leurs créateurs et le public. On cherchera là comment la création peut remodeler les chaines de diffusion qui lui conviennent et non l’inverse...
Entrez libres !
Plus d’informations sur le programme de la Semaine Asymétrique :