Retrouvez la 12e édition du festival Aflam à Marseille et en Région Sud du 19 au 27 avril 2025
VIVES ARCHIVES : DIMANCHE 20 ET LUNDI 21 AVRIL 2025 AU POLYGONE ÉTOILÉ
Dimanche 20 avril | 14h
Devenir cinéaste marocain en Pologne (1965-1975)

Années 1960. De jeunes cinéastes marocains étudiants à l’École de cinéma de Łódź s’interrogent, avec leurs camarades venus du monde entier sur un monde et un cinéma à venir. En Pologne, ils vivent ensemble des années de militantisme politique et de lutte en exil, d’apprentissage de la langue et de la culture polonaise, de combats collectifs en solidarité aux peuples opprimés, d’accès aux cinématographies du monde entier, de découverte et d’exploration de nouveaux milieux artistiques, notamment du free-jazz, de l’art conceptuel et du cinéma politique radical, d’amitiés, d’amours, d’études mais aussi de rencontres avec les marges et les réalités politiques et sociales de la Pologne communiste.
Des premières « études » documentaires, critiques de la société polonaise, aux films politiques et expérimentaux, liés aux « années 1968 », on découvrira le nouveau cinéma marocain à venir imaginé et expérimenté par les pionniers du cinéma marocain Mostafa Derkaoui, Abdallah Drissi Hamid Bensaïd et Idriss Karim – dont plusieurs seront ensuite réduits au silence à leur retour dans le Maroc autoritaire de Hassan II
Films présentés :
Leçon 41, Abdellah Drissi | 7min | 1966
Adoption, Mustapha Derkaoui | 4min | 1968
Marta, Idriss Karim | 7min | 1969
Zofia et Ludmila, Hamid Bensaïd | 9min | 1971
Elbieta K, Idriss Karim | 12min | 1973
(durée : 1h)
Dimanche 20 avril | 16h
Préserver les voix arabes : Réflexions sur la coopération internationaliste tchécoslovaque et l’héritage des cinéastes arabes à la FAMU

Présenté par Klára Trsková
Cette présentation aborde la question de la coopération internationaliste entre la Tchécoslovaquie et les pays dits du « tiers monde » avant 1989 dans le domaine de l’industrie cinématographique et examine comment les thèmes décoloniaux peuvent être abordés dans le cadre d’une archive cinématographique « nationale » dans un pays dont la collection comprend historiquement des œuvres de cinéastes arabes qui sont venus étudier à l’école de cinéma de la FAMU à Prague dans le cadre de la « coopération internationaliste ».
Les travaux des étudiants, qui sont aujourd’hui souvent des cinéastes arabes de premier plan, ne sont parfois pas disponibles dans les pays d’origine des cinéastes. Il est important d’examiner comment le débat sur la décolonisation s’étend à un pays et à son institution d’archivage de films qui se perçoit comme n’étant pas encombré par un passé colonial.
Biographie :
Klára Trsková est traductrice depuis le portugais et conservatrice de films à la Národní filmový archiv, à Prague. Elle s’intéresse aux questions de décolonisation et de coopération internationale de l’ancienne Tchécoslovaquie dans le domaine du cinéma.
Films présentés :
Pukrylukri : le voyage de Kryštof, Lucinka and Kristýna’s à travers le monde, Moris Issa | 17min |1968
Attention ! Enfant ?, Nabil Maleh | 14min | 1963
Le Diable, André Maroun-Gédéon | 13min | 1972
Pensée d’un violoniste distrait, Gerard Samaan | 17min | 1970
(durée : 1h)
Dimanche 20 avril | 18h
Katsakh : Mediterranean archives

Présenté par Chantal Partamian
Le projet « Katsakh : Mediterranean Archives » est une collection personnelle de films non fictionnels tournés avec des caméras Super 8 mm et 16 mm dans des villes et des villages de la Méditerranée orientale entre les années 1920 et 1970. Cette collection vise à capturer la diversité de la vie et de la culture de la région, en servant d’archives historiques riches qui invitent les spectateur·ices à se connecter à notre passé.
Chaque film de « Katsakh » représente un combat pour la mémoire, préservant des moments qui pourraient autrement s’effacer. Ces films peuvent susciter de nouvelles histoires et conversations, créant un dialogue entre le passé et le présent. Ils constituent une forme de résistance, célébrant la vie dans un monde qui nous efface souvent. Ils nous rappellent que la mémoire est essentielle à notre identité et à notre cheminement vers la libération.
Biographie :
Chantal Partamian est une cinéaste expérimentale et une archiviste qui se concentre sur le super 8mm et le found footage. Le travail de Chantal Partamian s’inscrit à la fois dans le domaine artistique et dans celui de l’archivage, fusionnant le cinéma expérimental et les efforts de préservation pour sauvegarder le patrimoine culturel de la région méditerranéenne.
(durée : 40 minutes)
suivi de :

Mahdi Amel in Gaza: On the Colonial Mode of Production
de Mary Jirmanus Saba et Tareq Rantisi
L’intellectuel libanais assassiné Mahdi Amel – souvent surnommé le « Gramsci arabe » – a prononcé une phrase célèbre : « Celui qui résiste n’est jamais vaincu ». Quelle est l’utilité de sa pensée pour nous aujourd’hui, et quelle est notre responsabilité en tant que créateurs d’images à l’égard de Gaza ?
Biographies :
Mary Jirmanus Saba est une géographe et une artiste qui explore avec le film, le texte, la performance et l’organisation politique les questions du travail, du soin et des mouvements sociaux dans le monde arabe et à l’échelle internationale.
Tareq Rantisi est percussionniste, compositeur et éducateur. Son parcours est ancré dans la tradition musicale arabe. D’abord autodidacte, il est titulaire d’une licence en interprétation et d’une maîtrise du Berklee Global Jazz Institute.
Expérimental | 14min | Liban, Palestine | 2024
Dimanche 20 avril | 20h
Amsevrid (The Outlandish), Tahar Kessi

En présence du réalisateur
En suivant trois personnages à différentes époques, Amsevrid, “celui qui chemine” nous entraîne au cœur de l’Algérie et de son arrière-pays dans une traversée au long court et jonchée de fantômes. En allant à la rencontre de ses habitant·es, le film questionne la manière dont l’Histoire se tisse en préservant mémoire, luttes, révolutions. Il dresse ainsi une fresque poétique et incertaine où tout peut arriver.
Biographie :
Né en 1986 en Algérie, après des études de physique en Algérie puis de lettres modernes à Poitiers, il étudie le cinéma documentaire à La Fémis avant de terminer un ingéniorat en architecture logicielle. Tahar Kessi a travaillé sur plusieurs films comme directeur de la photographie, monteur, ingénieur du son ou encore acteur. Il a réalisé quelques courts métrages. Amsevrid (The Outlandish) est son premier long-métrage.
Documentaire | 1h58 | Algérie, France | 2024
Lundi 21 avril | 14h
“D’où viens-tu ?” : Fragments d’une mémoire filmique en restauration, Karl Salame

Présentation d’un projet en cours d’écriture
“Je vais vous présenter un documentaire personnel qui explore l’identité, l’héritage et la mémoire à travers les archives 8 mm de ma famille. Depuis toujours, une question me hante : “D’où viens-tu ?”—une question simple en apparence, mais chargée d’histoire. Mon nom de famille vient d’une erreur bureaucratique, et ma famille a traversé Beyrouth, Haïfa, Tripoli et Beit Mery sans jamais vraiment appartenir à un lieu précis.
En restaurant les films de ma famille, j’ai découvert des lettres de 1948 échangées entre mes grands-parents après leur exil forcé de Haïfa. Ces fragments du passé, mêlés aux témoignages familiaux et à la restauration des objets laissés derrière, racontent une histoire de déracinement et de transmission. Ce film en cours d’écriture interroge la notion d’appartenance : sommes-nous définis par un lieu ou par les souvenirs que nous portons ? À partir de ces archives, je cherche à reconstruire une histoire effacée et à redonner vie à un temps perdu.”
Biographie :
Après des études de cinéma au Liban, Karl Salame a développé une expérience professionnelle dans le cinéma, la télévision et le management artistique. Passionné par l’archivage et les films 8 mm, il aime raconter des histoires qui mêlent nostalgie et techniques cinématographiques modernes.
(durée : 40min)
Lundi 21 avril | 15h30
“Sans gêne” : Regards sur les images faites par les autres, Saber Zammouri

Présentation d’un projet en cours d’écriture
“L’image que nous avons de l’homme blanc, nous, Nord-Africains, est façonnée par des événements historiques bien précis. En revanche, l’image que les Européens ont de nous est floue, fragmentée et souvent contradictoire. Ils ne sont pas sûrs que nous sommes pas des berbères (sic), nous ne sommes pas perçus comme « entièrement » Arabes, ni comme « véritablement » Africains. Nous ne sommes pas totalement musulmans. Nous ne sommes pas exactement comme les habitants du Levant, ni comme les Arabes du Golfe. Nous ne sommes pas non plus assimilés aux Ottomans.
Ce flou dans l’imaginaire européen a nécessité la fabrication d’une image spécifique pour nous assigner une place claire. L’avènement de la photographie a résolu une partie de ce problème. Dans ces images je trouve mon image d’aujourd’hui, je trouve comment tu me regardes et comment tu imagines nos rapports. C’est mon investigation dans l’univers des images produites par les Européens durant la colonisation que je vais vous présenter.”
Biographie :
Saber Zammouri s’intéresse avec passion aux relations complexes entre la France et la Tunisie, en s’intéressant en particulier à la dynamique des mouvements migratoires et à leur impact sur les deux sociétés. Il explore les dimensions culturelles, sociales et politiques de ces liens à travers les histoires d’individus qui naviguent entre ces deux pays.
(durée : 40min)
Lundi 21 avril | 18h
Paradisio, XXXI, 108 et UNDR, Kamal Aljafari

En présence du réalisateur
Paradisio, XXXI, 108
« Cela va être très silencieux, le vrombissement de nos avions noie tout le reste. Nous nous dirigeons tout droit vers le plus gigantesque feu d’artifice silencieux du monde, et nous voilà en train de larguer nos bombes ».
Expérimental | 19 min | Allemagne, Palestine | 2022
UNDR
L’œil de la caméra revient obsessionnellement sur les mêmes lieux, une perspective verticale qui impose le contrôle, la possession des sites archéologiques, des pierres couchées depuis des milliers d’années dans le désert. Les lieux observés ne sont pourtant pas déserts : on y voit, comme de loin, les paysan·nes qui travaillent la terre, elleux-mêmes transformé·es en paysage.
Quelque chose vient troubler la quiétude des lieux : des explosions sur terre et dans la mer préparent le terrain pour de nouvelles villes avec de nouveaux noms, de nouvelles forêts. Ce paysage se transforme en une scénographie d’appropriation.
Expérimental | 15 min | Allemagne, Palestine | 2024
Biographie :
Kamal Aljafari est un réalisateur, scénariste et artiste visuel palestinien, né à Ramallah, en Cisjordanie. Il a grandi dans un contexte marqué par l’occupation israélienne et l’exil, ce qui a profondément influencé son approche cinématographique. Les films d’Aljafari s’intéressent à la vie quotidienne des Palestiniens, souvent en dehors des grands récits politiques, et tentent de capter l’essence des expériences humaines dans un contexte de guerre, de perte et de déplacements forcés.
Son travail est souvent caractérisé par une utilisation d’images d’archives qu’il réactive et réinterprète pour interroger l’histoire, la mémoire et les récits officiels saisies dans une esthétique du temps long, du silence et des non-dits, qui éclairent des réalités trop souvent ignorées. Cette rétrospective partielle, accompagnée d’une masterclass, doit nous permettre de nous plonger dans une œuvre riche et complexe et de discuter de la place de la création cinématographique dans la construction des mémoires palestiniennes.
ENTRÉE LIBRE